Le chemin

Je ne crains pas l’éclectisme, voir la dispersion. Même si cela rend complexe de monter son travail sans qu’il paraisse incohérent dans la multiplicité de sujets abordés, et des moyens utilisées. Je ne me trouve pas caractérisée par une technique, un thème, ni même un processus très clair.

Ma façon de travailler est la suivante : Je peins.

Je peins un élément très détaillé ou des zones de couleurs et de matières. Je peins flou ou détaillé. Abstrait ou réaliste.
Je me sert des humains, des objets, de la nature, de l’art, des animaux. La seule condition est d’être touchée. (Lorsque je vivais dans un immeuble, j’en peignait. Aujourd’hui que je réside dans un milieu agreste, impossible.)
Je peins tout d’abord une chose qui me tente comme une gourmandise.
Je peux avoir envie de beaux visages, de ciel hanté de cumulus, de taches multicolores, de gestes rageurs, d’outils hasardeux, de mains baladeuses, de grande peinture, de menus fruits luisants. Il se trouve toujours quelque chose à déguster.

Alors commence le travail.
Peindre même bien, n’est pas satisfaisant. Une jolie fleur reste une jolie fleur, et je peux, en me vantant, en peindre des tombereaux !
Le chemin commence, je dois voir ce qui se cacher derrière mon désir, ce qui fait ma complexité humaine qui a beau savoir ce qu’elle sait et ne peut s’empêcher de cueillir les fleurs.

La plus grande difficulté consiste à ne pas tenir un discourt. Tout le monde sait qu’il est mal de cueillir les fleurs (ou elle appartiennent à quelqu’un, ou elles appartiennent à tous, dans tous les cas mieux vaut éviter).
Alors, je feuillette le monde, je rate, je m’ennuie, j’attends qu’une rencontre impromptue se produise qui cristallisera le fond de mon sentiment, qui donnera un sens à mon travail.