Je ne me sens plus de joie

Il est heureux que notre corps, charnel, animal et bien posé sur terre, nous permette de jouir de la vie malgré les mille questions que cet état précaire devraient nous poser.

Je ne me sens jamais seule avec tous ces gens sur terre

Il me semble que la soif intarissable de richesse, de relations, d’ambitions, pourrait être satisfaite d’un simple geste d’amitié. Certains jours, j’entreprends de me peindre des amis.

J’embrasse la peinture

Parler en couleur

A vau-l’eau

Je pense comme la mer et les rivières. Le fil de l’eau tranche le paysage et
dédouble le ciel. L’insaisissable densité du liquide m’enchante de perplexité et m’amène à penser contre le courant. L’eau est si belle à peindre.

Terre agitée

Souvent, je travaille à tâtons, jʼattends dʼune rencontre. Je me donne du mal sur un morceau sans savoir où je vais. Cet état de recherche, lʼinquiétude de perdre mon travail, la difficulté de réunir des éléments disparates me procurent une tension, une jubilation qui est lʼémotion même que je cherche à partager.

Frivolité à la française

À un moment, jʼen ai eu assez de peindre du malheur, de compatir. Je nʼai plus eu envie que de me moquer.
La magnificence de Louis XIV de Rigaud, l’énergie du cheval de Napoléon peint par David, la légèreté de Fragonard, me procurent des émotions que j’aime confronter à d’autres univers qui me sont plus familiers. Ils apportent au métro, à la forêt, un sentiment de liberté, de frivolité, de ridicule, de décalage qui mettent en perspective et relativisent le quotidien.